Vendredi 23 avril 2010 5 23 /04 /Avr /2010 17:18

Didier Van Cauwelaert – La nuit dernière au XVème siècle- Livre de Poche - 6, 5 euros

De la sorcellerie à la physique quantique

Ou l’histoire d’un pauvre contrôleur d’impôts muté à Châteauroux ( Indre – Berry ) victime d’un envoûtement ? / d’une manipulation mentaliste ? …( les contrôlés sont si méchants ! Ils sont capables de tout ! ) …Mais vient la physique quantique en la personne d’un vieux savant en son château de la Vallée Noire ( Indre )…( Un vieux  savant spécialiste international des fourmis et qui applique la physique quantique à la para psychologie…Suivez mon regard…

R C pour ne pas le nommer ! )….

Tout cela pour aboutir à la conclusion ( pas forcément fausse ! )  qu’un petit phantasme accepté, assumé et dans le cas de notre pauvre contrôleur partagé, « illumine » une bien triste et banale vie quotidienne !

L’idée pourrait être « intéressante », du moins plaisante. Mais, Dieu, que l’histoire qui nous est contée ici est « bêtouille » ! ( = comme on dit en Berry )…Alors, à moins que vous vous passionniez pour les histoire de fantômes…A moins que vous aimiez la lecture au x ème degré…fuyez cette ennuyeuse et soporifique Nuit au XVème siècle !

D’autant que ( et c’est là peut-être la cause profonde de ma hargne (1)) les méchancetés (faciles et « grassement » drôles ) pleuvent sur le Berry.

La vie d’un contrôleur d’impôts n’est pas de tout repos dans le Berry. «  Ta poupée est prête » m’a dit Raphaël huit jours après mon arrivée dans sa brigade. Il m’a expliqué le plus naturellement du monde, comme s’il parlait pétanque ou rugby, que la sorcellerie était le sport régional ; dès qu’un nouveau contrôleur débarquait, on fabriquait à titre préventif une figurine à son effigie.

- Fais gaffe à tes cheveux et tes rognures d’ongles. Ils personnalisent ta poupée et après ils la piquent. Moi j’ai pris les devants : chaque mardi, je vais chez l’acupucteur. Guérir le mal par le mal. Ca neutralise…

Le ton est donné ! Comme si Van Cauwelaert qui affirme tant de « vérités parapsychologiques » dans ses multiples ouvrages ne pratiquait pas lui aussi un « sport » dérivé en droite ligne du « sport berrichon » de la sorcellerie !

(1)  Je ne suis pas berrichonne d’origine. Mais j’ai longtemps vécu dans le Berry  et j’ai appris à l’aimer…. Alors, malheur à qui… !!!

Par rosalinde - Publié dans : Déjantés
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Mercredi 14 avril 2010 3 14 /04 /Avr /2010 18:48

 

Briony ( environ 14 ans ) qui se destine à être romancière a reçu d’un éditeur qui lui refuse son manuscrit  la lettre ( détaillée et enthousiaste - ? - ) suivante

Quelque chose d’unique et d’inexpliqué a été saisi. Malgré tout nous nous sommes demandés si cette technique n’était pas trop redevable de celle de Mrs Woolf. Le moment présent, cristallin est bien sûr un sujet valable en soi….Cependant, une telle écriture frise la préciosité lorsque l’impression de progression en est absente. A l’inverse, notre attention aurait été retenue plus efficacement si une intrigue simple l’avait sous-tendue. Un développement s’impose.

On peut se demander si cette lettre n’est pas en fait la lettre que Mac Ewan s’adresse à lui-même….Les conseils donnés à Briony ne seraient-ils pas les conseils, les ordres ( ! ) qu’il se donne à lui-même ?  =  Ne pas se contenter de « capter l’unique et l’inexpliqué », « le moment présent cristallin » à la manière de Virgina Woolf, mais aussi construire un vrai et conséquent roman avec une vraie et conséquente intrigue…

 Ce qui donne à l’arrivée = les trois parties du livre reliées entre elle par une « habile » - peut-être ? -  intrigue.

Et pour les lecteurs de base que nous sommes.

Si vous aimez – comme moi !- les romans qui parlent de l’enfance, lisez la première partie d’Expiation. Elle se suffit à elle-même. Mac Ewan y a capté «  l’unique et l’inexpliqué » de l’enfance. L’innocence. La perversion. L’ombre et la lumière. Jusqu’au clash final qui fait de son héroïne enfant, une adulte. La deuxième et troisième partie du livre  ne vous sembleront alors que « littérature ».

Si vous aimez les récits de guerre, les deuxième et troisième parties vous raviront. Elles sont détaillées, documentées, exhaustives même, mais jamais ennuyeuses.

Au total donc, démonstration est faite = Magnifique écrivain de l’enfance ( cf. Le jardin de ciment ) Mac Ewan est aussi un talentueux romancier au sens le plus large du terme. 

Ian Mac Ewan – Expiation – Folio – 8,20 euros

Par rosalinde
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Vendredi 9 avril 2010 5 09 /04 /Avr /2010 11:33

Un nouveau Boris Vian ?

La poésie sera engagée ou elle ne sera pas. Qui dit cela ? Peut-être l’adjudant de gendarmerie Arnaud Chadelat ( brigade de Mehun s/Yèvre – Cher ) qui se souvenant du Déserteur de Boris Vian ( en pleine guerre d’Algérie ) a osé lui aussi un poème subversif contre l’autorité établie.

En effet pour soutenir J.H. Matelly chef d’escadron de gendarmerie qui pour avoir critiqué le rapprochement gendarmerie – armée envisagé par le gouvernement de Sarkosy a été radié de la gendarmerie, A. Chadelat a écrit et publié sur le site Internet de la gendarmerie Gendarmes et Citoyens quatorze strophes sur la « traîtrise » de notre nouveau « Roy » 

Aujourd’hui Sainte Geneviève ( patronne des gendarmes ) saigne et pleure

Je sens bien ses larmes chaudes sous mon képi

Comme si sur moi Sarkozy faisait pipi

Ciel ! Un poète-gendarme ! Un ovni dans le ciel sans nuages de la gendarmerie ! Une « exception culturelle » gendarmesque ! Vite supprimons !

Pour ces beaux vers – on est poète ou on ne l’est pas , on se « mouille » ou on ne se « mouille pas » ! - l’adjudant n’a pas encore été exécuté ( Le poète a dit la vérité. Il doit être exécuté  - Boris Vian ), ni encore « embastillé », mais suspendu…

Pauvre gendarme s’en-va-ten- guerre

Ne sait quand reviendra !

…Paix à ses cendres …

Par rosalinde - Publié dans : Actu
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Mercredi 7 avril 2010 3 07 /04 /Avr /2010 11:15

7/8 avril - Etats généraux de la sécurité à l'école

Alors retour sur un « vieux » livre = Jean-Marie Alfroy – Le professeur est nu

Le  professeur est nu ou le  «  ras-le-bol » d’un professeur de « classe ( 4ème) spéciale » dans les années 70. Du bordel…Du bordel…Des élèves pas motivés qui ont exclusivement la culture de la mob ( plus particulièrement du moteur de la mob )…..C’est la traduction potache du célèbre ( et hélas significatif !!! ) «  Quand j’entends le mot culture, je sors mon révolver »….

J-M Alfroy raconte avec beaucoup d’humour sa détresse, son désarroi même. Mais le constat est sévère

Décidément, on a oublié en haut lieu de les prévenir que désormais, c’est la guerre, que dès la première minute il fallait engager les hostilités. Pourquoi le jour de la prérentrée au lieu de toutes ces parlotes ne les a-t-on pas d’abord fait passer à l’armurerie ? Jérôme imagine très bien le premier cours dans chaque classe : révolver de gros calibre posé sur le bureau, puis les grenades offensives, une, deux, trois, quatre, une dans chaque angle. Bel effet. Le premier qui bronche, qui tousse, qui pose une question, qui demande à aller aux cabinets, il tire sans sommation. Vu ? Bon, prenez vos manuels. Ca c’est un mec auraient estimé les garçons de la quatrième spéciale. Faudra se tenir à carreau. Ah ! la belle année qu’ils auraient passée ! Mais voilà, on les a pourris, eux les éducateurs, comme on se plait à les nommer, d’indulgence, de bienveillance, de largeur d’esprit, de compréhension des adolescents, d’ouvriérisme attardé Sous prétexte qu’on ne les a pas aidés, les pauvres gosses, il est de bon ton de se laisser tailler en pièces sans geindre. Parce que papa-maman travaillent de leurs mains et e leurs bras, que la grande sœur à des penchants pour la galanterie de basse souche, qu’à l’école primaire il a peiné pour apprendre à lire, qu’il n’est pas motivé pour les études, mais qu’il n’a pas non plus envie d’apprendre un métier, il est bien légitime qu’il soit épouvantable en cours et qu’un enseignant comprenne avec magnanimité la situation.

- La situation n’a pas changé dit l’un

- Que si, dit l’autre. Maintenant ces « classes spéciales » sont des classes tout ce qu’il y a d’ « habituelles ». Le bordel permanent fait partie des mœurs. Le « spécial » est devenu le quotidien. Et dans les actuelles  « classes  spéciales », on ne se contente plus maintenant de bordéliser. On attaque, armes à la main. Pour le moment encore à l’arme blanche. Mais la kalashnikov et l’assassinat commandité du prof, c’est pour quand ?

Par rosalinde - Publié dans : Actu
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Jeudi 1 avril 2010 4 01 /04 /Avr /2010 10:59

 

Le livre d’Adrien Goetz – Intrigue à Versailles est un roman policier « classique » = crimes sanglants et mystérieux, enquête serrée et palpitante . Mais c’est aussi un véritable guide touristique qui nous fait découvrir Versailles, ses ors et son histoire sous un angle inattendu et (  pour moi en tout cas) totalement nouveau.

Visite guidée…

 

Première surprise

Le jugement sans appel d’une héroïne bien renseignée  A Versailles, tout est faux !

Vous voulez des exemples. En voici, en voilà… Le baldaquin du lit de la Reine ? On l‘a reconstitué d’après un dessin…On savait qu’il y avait un coq doré sur le dessus…Savez vous ce qu’[on] a osé utiliser comme modèle ? La grille du coq du palais de l’Elysée et qui date du Président Loubet…..Et les torchères de la galerie des Glaces, vous les avez regardées de près ?…Des angelots qui portent des flambeaux…Ils sont en résine moulée…Du plastoc doré à l’or fin…Et les lustres ? pas un qui soit antérieur à 1950. Les Proctor Jones, couple de donateurs américains a même fait graver son nom sur l’un d’eux…

Quant à l’escalier Gabriel ? …Je vous laisse découvrir ( page 112 ). Sachez seulement, toujours d’après cette héroïne bien renseignée C’est mochetouille, c’est raide, c’est moderne.. Une erreur monstrueuse

Etc…

Mais il y a pire…Deuxième surprise.

Le grand règne louis-quatorzien dont nous admirons tant le bel ordre intérieur…. Miné…Sapé …Et par qui ? Par ceux qu’on n’aurait jamais osé soupçonner ( en tout cas, pas moi) ? Les jansénistes !! Et quel acharnement ! De louis XIV à la Révolution française. Louis XVI a payé pour Louis XIV dit le janséniste de service. Plus précisément Avec la Révolution, l’exécution de louis XVI et le sac des tombes royales de Saint-Denis, nous avons eu notre revanche… Etonnement ! Donc c’est eux, la Révolution française et tutti quanti. On ne me l’avait jamais dit en cours d’histoire !… Et ça continue. L’internationale janséniste est toujours là, avec ses inquiétante ramifications dans la mafia chinoise et son trésor de guerre alimenté par les nouveaux milliardaires chinois, tel Monsieur Lu,  gardiens sous couvert de ralliement au communisme de la pensée janséniste qui, fuyant les persécutions françaises, s'est réfugiée  au 18ème siècle en Chine.

Etc…

Je vous en passe et des meilleures ( il y a beaucoup de petites anecdotes annexes très « farfelues »).  Adrien Goetz a une remarquable érudition, mais aussi une non moins remarquable imagination. A nous de démêler certes son intrigue policière, mais surtout toutes les chausses-trappes qu’il a dissimulées un peu partout dans son histoire.

Un livre donc à déguster. Même si – mais c’est un plaisir ! -, on se fait probablement ( c’est mon cas ! ) souvent « avoir »

Par rosalinde - Publié dans : romans historiques
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